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Guillaume Gilly : le tour du monde en fauteuil roulant

Article paru dans RUGBY MAG (n° 1122 d’Avril 2013)

Passionné de voyages malgré son handicap

Le tour du monde en fauteuil roulant

Blessé sur une mêlée, en 1991, à l’âge de 25 ans, Guillaume Gilly vit à Anglet au Pays Basque. Malgré son lourd handicap, il multiplie les voyages et son prochain périple l’emmènera, cet été, en Mongolie.

« C’est à l’occasion d’un match sans enjeu au sein d’une équipe que nous avions créée à la Bourse de Paris où je travaillais comme négociateur et où certains ne savaient pas jouer face à une grande école de commerce que je me suis blessé ». Guillaume Gilly revient en ces termes sur l’accident dont il a été victime en 1991 à l’âge de 25 ans. « Ce jour-là, je jouais talonneur, je suis entré en retard en mêlée et j’ai été touché aux cervicales C5-C6 ».

Après Garches, l’intéressé est parti à Saint-Hilaire du Touvet en Isère, « un centre médico-universitaire où j’ai passé un BTS d’informatique ». Tétraplégique, Guillaume Gilly s’est ensuite installé à Anglet, au Pays Basque, « où j’ai retrouvé des potes car j’y passais régulièrement mes vacances ».

Guillaume Gilly, qui était licencié en équipe réserve au CASG, avoue que la rencontre avec Jean Arhancet, qui s’occupait alors de Rugby Amitié, a été déterminante. « J’ignorais qu’il y avait une assurance et personne ne m’en avait parlé. Je l’ai appris un an après mon accident par l’intermédiaire d’un kiné dont la famille connaissait Jean. J’avais été accompagné par quelques copains du rugby, mais je n’ai eu aucune relation avec le club qui, de plus, a changé de nom après, explique-t-il. Jean a pris mon dossier en main et pas mal de choses ont changé pour moi ». Guillaume Gilly évoque « les trois soutiens qui m’ont aidé : ma femme, Jean Arhancet et la Fondation Ferrasse dont l’aide matérielle n’a pas de prix, tout comme les petites attentions que sont le colis de Noël et les invitations pour les matchs du Tournoi ».

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Sac à dos … sur les genoux

Guillaume Gilly, qui assiste régulièrement aux assemblées générales de Rugby Espoir Solidarité, continue à s’intéresser au rugby, en allant parfois voir jouer Biarritz. « J‘aime bien ce sport et c’est d’ailleurs le seul que je regarde à la télé », lâche-t-il. Mais c’est la passion des voyages qui l’occupe depuis plusieurs années jusqu’à six mois par an. C’est ainsi qu’il lui est arrivé de partir plusieurs fois en Afrique du Sud, « en changeant d’itinéraire en fonction des problèmes géopolitiques ».

L’été dernier, il était en Afrique du Sud, en Namibie et au Bostwana et l’été prochain, il a prévu de rallier la Mongolie en voiture. « Je me déplace en fauteuil manuel et je peux conduire une voiture adaptée. Je dors sur un matelas dans le coffre de ma voiture ! » C’est en 1995 qu’il a commencé à voyager et il a même durant plusieurs années raconté ses périples dans le journal de liaison de l’hôpital de Garches et dans le journal de Rugby Espoir Solidarité. Guillaume Gilly qui a vécu pendant deux ans à Madagascar où il travaillait dans une usine de textile avoue avec humour « avoir voyagé dans les pays d’Asie, sac à dos … sur les genoux ».

Des moments forts qui lui permettent de rencontrer des gens différents, un enrichissement humain rendu possible par la présence de sa femme qui l’accompagne dans ses voyages. « Ce n’est quand même pas évident de partir au bout du monde avec un « tétra ». J’ai une belle vie ! »

Texte: Félix Chiocca – Photo: Loïc Dequier