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Jérôme Courneil, l’envie de vivre

Article paru dans RUGBY MAG (n° 1119 de Janvier 2013)

Actif dans son métier, champion de basket fauteuil et passionné de rugby

Envie de vivre

Évoluant au plus haut niveau français et européen en basket fauteuil, Jérôme Courneil, Ariégeois de Saint-Girons, reste un inconditionnel de rugby et du Stade toulousain.

C’est en rentrant d’une rencontre avec les juniors de Saint-Girons que Jérôme Courneil a été victime, alors qu’il était âgé de 18 ans. « Je jouais trois-quarts centre et c’était un match de reprise car je revenais de blessure après un lumbago. Il y a eu une sortie de route. J’étais passager arrière et les deux autres n’ont eu que des petits bobos », se souvient-il.

Paraplégique et se déplaçant sur un fauteuil manuel, Jérôme explique en souriant « avoir fêté une première moitié de vie debout et l’autre assis ». Après avoir été admis à l’hôpital de Rangueil à Toulouse, il a effectué sa rééducation à la clinique de Verdaich de Gaillac-Toulza. « J’ai reçu le soutien de ma famille, de mes amis, mais aussi de mes entraîneurs Marty et Batista, de mes coéquipiers et du club de Saint-Cirons avec notamment l’ancien président Yves Dignat qui m’a mis en relation avec la Fondation Ferrasse et Denis Lourde, le secrétaire des juniors ». Jérôme Courneil qui, avant son accident, voulait travailler dans le domaine de l’environnement, a ensuite repris ses études. « Je me suis éloigné de l’Ariège dont je suis originaire et j’ai eu mon bac en 1997 au lycée agricole d’Auzeville-Tolosane. Mais je ne voulais pas rester dans un bureau. J’ai voulu faire une coupure et je me suis lancé dans le basket en fauteuil au Toulouse Invalides Club », explique-t-il. Il poursuit : « j’ai trouvé un travail en 2005, un CDI à mi-temps, dans une entreprise de matériel médical lié au handicap, Astratech, devenu aujourd’hui Dentsply Wellspect Healthcare, dont je suis ambassadeur produits ». Jérome Courneil est donc amené à se déplacer dans toute la France pour être en relation avec les commerciaux de cette société. « Je fais des animations sportives dans des centres de rééducation, de la communication et du relationnel ».

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Fan de TONY PARKER

Des activités qui ne l’empêchent pas de pratiquer le basket en fauteuil au plus haut niveau et de remporter des titres nationaux et même européens avec Meaux (il a vécu deux ans et demi en région parisienne) et avec Toulouse Invalides Club. Rien de surprenant à voir Jérome Courneil s’intéresser à la Pro A et à la NBA où il avoue un faible pour les joueurs des San Antonio Spurs comme Tony Parker, Duncan, Ginobili, mais aussi pour les Miami Heats, champion NBA 2012, et surtout pour le prodige Kevin Durant des Oklahoma Thunder, « qui va marquer son sport de son empreinte ».

Mais cette passion pour le basket ne l’a pas éloigné du rugby. « Je reste un inconditionnel. Mon frère joue en Première Série au Mas d’Azil et, dès que je suis libre, je vais le voir jouer. Mes matchs ont lieu le samedi soir et j’essaie d’assister aux rencontres du Stade Toulousain et des féminines de Saint-Orens ». Jérome Courneil qui vit à Saint-Clar-de-Rivière, à 25 km de Toulouse, avec sa compagne et leur fille Anaé (née en juin dernier), cultive un optimisme certain. « Un accident, c’est la vie et il faut savoir rebondir. Je continue de profiter de la vie et j’ai la chance de voir le soleil se lever ». A propos de la Fondation Albert Ferrasse, il évoque « une action énorme alors que peu de sports ont ce type de structure. Je connais Jean Arhancet depuis 1995. C’est quelqu’un d’extraordinaire et c’est important, quand on subit de tels traumatismes, de trouver des gens qui vous soutiennent et vous montrent qu’on ne vous oublie pas. Je dis bravo ! »

Texte : Félix Chiocca – Photo : Manu Blondeau