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La réussite de Bastien Dal Lago

Midi Olympique du 22 décembre 2014

LA REUSSITE DE BASTIEN DAL LAGO

Le handicap porté comme un fardeau n’est pas une illusion. Il peut anéantir les plus fragiles. Mais il peut aussi procurer un supplément d’âme aux plus combattifs. Est-ce parce que notre sport en appelle aux valeurs de combat ? Toujours est-il que les grands blessés du rugby sont dans leur quotidien des lutteurs. Les exemples de ces engagements admirables fleurissent, et le cas de Bastien Dal Lago, blessé le 1° octobre 2006 au cours du match du championnat Honneur Trie-Masseube, est représentatif de l’expression de ces qualités mentales qui sont la marque de fabrique de nos rugbymen.

Bastien a passé un peu plus de deux ans au Centre Bouffarde-Vercelli de Cerbère. Ensuite, deux périodes de six mois ont été nécessaires afin de réaliser des interventions qui visaient à améliorer la mobilité des bras. « Cet accident fut bien sûr un grand traumatisme que j’ai donc assez mal vécu au départ, témoigne Bastien Dal Lago. Toutes les activités que j’aimais faire avant l’accident devenaient impossibles à effectuer par moi-même ou difficiles à réaliser en autonomie. Le fait de dépendre en quasi-permanence d’une autre personne a été et reste encore aujourd’hui quelque chose de dérangeant.,›› Quand survint la terrible blessure, Bastien était encore étudiant en BTS spécialisé dans la construction bois, sans trop de prétentions pour I’avenir, avec seulement I’intention d’effectuer un travail manuel en rapport avec le matériau. La motivation était forte, elle a été récompensée: « A la fin de la première année de rééducation, avec les équipes du Centre, nous avons travaillé sur la problématique du retour au domicile. Je me suis donc rapproché de mes anciens professeurs pour savoir ce qu’il m’était possible de réaliser comme travail en suivant mon cursus précédent. Il en est ressorti que je pouvais effectuer un travail en bureau d’études sur un poste informatique. J’ai donc repris mon BTS et la réussite fut telle que, par la suite, j’ai décidé d’effectuer une Ecole d’ingénieurs spécialisée dans le bois. Je suis donc actuellement dans une Ecole d’ingénieurs : l’Ecole supérieure du bois à Nantes. Je suis en 3° et dernière année. ›› Cette voie que Bastien a choisie est une formidable opportunité d’ouverture sur le monde et sur d’autres cultures. Il est revenu enrichi d’un semestre d’études au Québec. « Sans cet accident, je n’aurais peut-être pas été amené à continuer mes études et donc à faire toutes ces découvertes» ose-t-il. Mais il n’oublie pas de souligner l’aspect social de son parcours : « Cette activité a eu pour but d’élargir mon champ de connaissances, mais elle m’apporte aussi un équilibre par rapport à la vie en société. Aujourd’hui, je vis bien ma situation car la réussite dans mes études confirme que le handicap n’est pas un frein pour réussir les choses que l’on entreprend. ›› Sachez-le, Bastien Dal Lago mène une existence trépidante, sans trop de répit, mais il ne lui viendrait pas l’idée «saugrenue» de se plaindre. Il veut même voir au-delà de son horizon actuel : « A ce jour, je dirais que le projet principal consiste à obtenir mon diplôme. Ensuite, j’aimerais faire une spécialisation dans une école située dans I’agglomération parisienne. Pour cela, il faudra que je réussisse le concours et que je trouve un appartement adapté dans le secteur de cette école Professionnellement, j’aimerais travailler dans un bureau d’études spécialisé dans la construction bois de préférence autour de la région Auscitaine. ›› En pays de culture rugby, car Bastien caresse une autre noble ambition : « Le rugby a été et reste l’un de mes centres d’intérêt favoris, et si mon emploi du temps me le permet lorsque je serai entré dans le monde du travail, j’aimerais prendre en charge une équipe de rugby. ›› La Fondation Albert- Ferrasse se réjouirait d’un tel aboutissement, mais déjà elle apprécie le jugement de Bastien Dal Lago à son égard : « La Fondation Ferrasse a été présente dès les premiers instants de l’accident, elle m’a procuré son soutien moral, financier, ainsi que tous les conseils nécessaires lorsqu’on se trouve dans cette situation. A ce jour la Fondation est toujours présente par des attentions telles que des invitations à des matchs de I’équipe de France, la finale du top 14, le colis de Noël On ne se sent pas oublié ! » C’est une réalité, nous pensons à eux.

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 Vous trouverez dans la rubrique «Fondation» de janvier la suite de la liste de nos donateurs. Les plus fidèles, comme ceux qui nous rejoignent dans un bel élan de solidarité. A chacun, nous souhaitons d’heureuses fêtes de fin d’année.

Gérard PIFFETEAU